Vendredi 25 novembre :
Les élèves poursuivent leur travail au CDI en demi-classe. Pendant ce temps avec l’autre demi-classe, nous lisons les « Petites griseries » et à plusieurs voix le texte théâtral « On fume juste une cigarette… », de Fabienne. Les ados sont emballés par le deuxième texte qu’ils trouvent actuel, proche d’eux et drôle. Je leur explique donc l’objectif de ce travail : un travail oral et de mémorisation.
Ainsi, ils ont entre 15 jours et un mois pour mémoriser un extrait d’un des deux textes, à une voix ou plusieurs. Une séance du cours de français sera consacrée à la restitution du texte. Cette restitution sera soumise à une évaluation notée.
Les élèves semblent partants.
Jeudi 1er décembre :
A l’occasion de l’arrivée de Fabienne Rouby dans sa résidence sur notre communauté de communes, un pot est organisé à Lalizolle. Je me rends donc à ce rendez-vous pour rencontrer enfin « mon » auteure. Je découvre une jeune femme fort sympathique.
Vendredi 2 décembre :
Première rencontre des élèves avec Fabienne. Durant 2 heures, elle travaille avec eux de la manière suivante. Les élèves doivent inscrire sur une feuille les réponses aux questions :
- donner une expression dans laquelle on trouve le mot « mémoire »
- où se trouve la mémoire ?
- décrire un lieu chargé de mémoire.
- Avez-vous reçu un objet en souvenir de quelqu’un ou de quelque chose ? Si oui, quoi et pourquoi ?
- De la poule ou de l’œuf qui est le premier ? répondre à cette question et en imaginer une qui pose un problème similaire.
A la suite d’un travail plus ou moins individuel, mise en commun des réponses. Les réponses à la deuxième question nous mettent face au début d’un poème…
Dans un deuxième temps, les élèves créent ensemble un personnage à partir de questions de Fabienne et d’une seule réponse à chaque fois sur le principe suivant :
« notre héros sera homme ou femme ? Age ? Activité ? lieu de naissance ? lieu de vie ?….. »
Enfin, chacun inscrit sur un petit morceau de papier le nom d’un objet courant et non trop moderne. On mélange les petits papiers et à la suite d’une pioche, chacun reçoit un nouvel « objet ». A partir du héros créé et de l’objet, les élèves doivent écrire un texte : l’objet étant un ancêtre du personnage, raconter à la première personne comment le héros s’en est rendu compte, quelles traces il en a etc.…
Après une vingtaine de minutes d’écriture, certains élèves lisent aux autres leur production.
Quelle découverte ! Tous les élèves ou presque ont joué le jeu et propose un récit. Pari gagné. Fabienne a l’air d’avoir apprivoisé mes adolescents.
En les quittant elle leur demande de terminer ce travail (le récit) et de bien chercher une question problématique du genre : Qui de la poule ou l’œuf…
Prochain rendez-vous avec Fabienne : vendredi 16 décembre.
Vendredi 16 décembre :
Lecture à voix haute par les élèves et pour la classe de certains récits finis sur le sujet de la quinzaine précédente. C’est avec timidité que certains se lancent mais osent quand même. Fabienne qui n’a vu le spectacle « Retours de la Terre » que la semaine passée, interroge les adolescents à propos du spectacle, ce qu’ils ont aimé, retenu… Echange peu nourri en définitive. Les 3° ne sont pas loquaces. Elle leur propose alors un exercice d’écriture individuel : imaginer une définition fantaisiste de l’expression « trou de mémoire ». Après un moment d’écriture, les élèves mettent en commun leur trouvailles en lisant leur proposition. Enfin, pour terminer cette séance, Fabienne propose à chaque table de 4 ou 5 élèves un exercice d’écriture à plusieurs mains à partir de la définition du trou de mémoire proposée. Cette écriture doit se faire sous forme de dialogue. Après une dizaine de minutes, elle ramasse les feuilles des élèves et leur donne rendez-vous le 6 janvier.
Congés de Noël :
Nous restons en contact Fabienne et moi. Elle me fait lire « Aube Minérale », le texte qui fait suite à « On fume juste une cigarette… ». Je décide que mes élèves liront cette suite avec moi en cours à partir d’une projection du texte. Elle me demande aussi de trouver un enregistrement de la chanson de Barbara : Drouot. Elle veut faire travailler les élèves à partir de ce texte. Je peine donc mais finis par récupérer un CD et les paroles de la chanson. Dans cette version de cette chanson, Barbara est inaudible par moment. Comment les élèves vont-ils réagir Vont-ils rire comme à leur habitude à chaque fois que quelque chose est approximatif ? Nous verrons. J’en parle avec Fabienne qui est optimiste.
Vendredi 6 janvier :
Les élèves ont mémorisé un extrait de « On fume juste une cigarette… » ou des « Petites griseries ». Ils présentent donc le fruit modeste de leur travail à Fabienne. Ceci lui donne l’idée de leur montrer dans une séance à venir le travail réalisé par des comédiens sur les extraits que les élèves ont choisis. Ensuite, elle leur fait un compte-rendu des différents travaux d’écriture qu’ils ont réalisés et qu’elle a lus. Les résultats sont mitigés. Elle est obligée de repréciser dans quel cadre les élèves écrivent : ils sont au collège, ils ne peuvent pas tout se permettre ! La correction reste de rigueur. Je suis un peu déçue quant à moi. Comme toujours j’étais naïve, je leur faisais confiance …
Nous écoutons enfin Drouot après avoir expliqué les raisons de la mauvaise qualité de l’enregistrement et après avoir précisé un peu qui était Barbara. Les élèves sont attentifs à la chanson. A leur tour, ils doivent écrire leur Drouot à partir des consignes suivantes : vous avez donné quelque chose à quelqu’un qui 60 ans après est obligé de la vendre / ou : Quelqu’un vous a donné quelque chose que vous êtes obligé de vendre 60 ans après... L’exercice d’imitation formel est long à démarrer mais finalement chacun se lance. Les élèves ont à terminer cet exercice pour la séance suivante.
Vendredi 20 janvier :
Je vois « mon auteure » un peu avant son intervention et nous en profitons pour organiser de manière vague et générale le contenu de ses prochaines visites.
Avec les élèves, Fabienne ramasse le travail sur Drouot et propose aujourd’hui de démarrer à partir d’un nouveau questionnaire. Les élèves doivent donc répondre à chacune des questions suivantes à l’écrit et pour eux-mêmes.
1. D’où vient mon prénom ? L’origine de son choix ? sa signification ?
2. D’où vient mon nom ? Son origine ?
3. Es-tu intéressé de connaître l’origine de ton nom ? Prénom ?
4. Quel prénom aurais-tu porté si tu avais été de l’autre sexe ? As-tu interrogé tes parents ? Te l’ont-ils dit spontanément ? A quel âge ? A quel moment ?
5. As-tu des infos sur ta conception ? Est-ce un sujet tabou ? As-tu interrogé tes parents ? Te l’ont-ils dit spontanément ? A quel âge ? A quel moment ?
6. Connais-tu l’heure de ta naissance ?
7. As-tu une ressemblance physique ou psychologique avec un autre membre de ta famille ? Quelle est cette ressemblance ? Avec qui ? En es-tu gêné, satisfait ?
Les adolescents ont ensuite à raconter un souvenir d’enfance qui rende compte d’un aspect de leur personnalité. Un deuxième travail leur est proposé à l’issu du premier à partir des consignes suivantes : vous avez une habitude familiale que vous souhaitez reproduire plus tard quand vous serez adulte. Une fois adulte, imaginez qu’un collègue, une connaissance, vienne chez vous et assiste à cette habitude. Quelles sont ses réactions ? Votre texte commencera par du récit et se terminera par un dialogue.
Fabienne termine la séance en faisant écouter aux élèves une nouvelle version de Drouot. Nous comparons tous ensemble les deux versions entendues.
Les élèves ont été pénibles, bavards et de peu de bonne volonté cette semaine. Nous avons fait cette séance en classe et non au CDI, est-ce la raison de leur comportement plus réfractaire que d’habitude ? Je ne sais pas mais il semblerait que le CDI soit plus propice à un travail et à une écoute de qualité.
Commentaires